Réflexions en cours

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samedi 9 décembre 2006

Destination Mars, étape sur la Lune

Pour une fois, pensons à très long terme. En décennies, ou même en siècles. Dans le futur lointain, il faut le reconnaître, on aura déjà de la chance si l'humanité subsiste dans une biosphère saine, vu les efforts qui restent à accomplir en matière de sauvegarde de l'environnement. Mais prenons comme hypothèse que ce sera le cas, grâce à la raison de chacun et aux progrès technologiques. Dans ce cas, on peut penser que le genre humain continuera à croître, et que la Terre se fera bien petite pour autant de monde. Et nous regarderons en direction des étoiles, songeurs. Blaise Pascal se disait effrayés par les deux infinis, l'infiniment petit d'une part, l'infiniment grand d'autre part. Pour ce dernier, il reste un vertige à imaginer la taille de l'univers, pour ce qu'on en connaît. Et se forme alors l'envie d'explorer, de découvrir, de conquérir ce qui se trouve en dehors de notre planète. Plus de trente ans après la dernière expédition sur la Lune, la Nasa vient d'annoncer récemment la reprise de voyages en direction du satellite, pour y former une base sur le pôle sud. Ce serait alors un premier jalon avant d'entreprendre une expédition humaine sur Mars. Nous y avons déjà envoyé Pathfinder, un robot, pour tâter le terrain de prêt. Assurer un aller-retour d'humains sur la planète rouge tout en garantissant leur survie est certes une autre paire de manches, mais Mars n'est pas si loin que ça, et à l'échelle d'une vie on peut espérer solidement que cet objectif soit réalisé.

Mais à très long terme, on peut vouloir davantage que de rendre de simples visites aux astres, et l'on pourrait être tenté de vouloir y rester. Sur Mars, cela passerait d'abord par la constitution de bases, comme celles que l'on va installer sur la Lune. Mais l'idéal serait d'en faire une deuxième Terre, pour pouvoir y vivre à l'air libre. Gros problème : l'atmosphère martienne est loin d'être hospitalière, c'est le moins que l'on puisse dire. De ce fait, il y aura beaucoup de choses à changer : que l'atmosphère soit respirable donc, qu'il y ait de l'eau liquide, de la terre fertile, une gravité semblable à celle terrestre, un climat tenable au moins en certains endroits... Il est alors évident que tout ce gigantesque travail de terraformation prendrait des décennies, et même des siècles. Raison de plus pour commencer au plus tôt. Pour l'instant, l'heure est à la recherche. Evidemment, la recherche publique doit d'abord se concentrer sur des problèmes urgents et concrets, comme la santé et l'énergie. Mais la conquête spatiale peut venir ensuite, surtout que la recherche qui est menée en sa faveur peut avoir des retombées positives en matières d'innovations en terme de produits. La terraformation peut également être vu comme un moyen de remodeler un environnement hostile, ce qui pourrait faire de la Terre une planète plus accueillante pour la vie, via une meilleure protection de son atmosphère par exemple. S'il n'est pas à strictement parler prioritaire, l'effort fait vis-à-vis de la conquête spatiale au sens large du terme doit être pris en considération, afin de ne pas risquer que la question devienne urgente, sous-entendant qu'il serait trop tard.

Evidemment, aujourd'hui, le thème apparaît farfelu. Mais les nombreux progrès que nous avons enregistrés en la matière jusqu'à présent doivent nous encourager à persévérer, pour que l'effort ne soit pas interrompu.

lundi 4 décembre 2006

Mieux enseigner

La vidéo cachée de Ségolène Royal sur les professeurs avait remis temporairement (et bien malgré eux) ceux-ci sur le devant de la scène. Il reste au moins la certitude que l'Education est un thème qui ne devra pas être négligé dans la campagne électorale qui s'engage. Les enseignants se disent souvent désemparés face à des élèves difficiles, une hiérarchie incompréhensible, des parents trop ou pas assez présents, et surtout ce qu'ils ressentent comme un manque de respect généralisé vis-à-vis de leur catégorie. De par leur nombre, ils sont connus : tout le monde en a eu lors de ses études, et on les rencontre à nouveau lors de la scolarité des enfants. De ce fait, leur travail est constamment évalué, à l'aune du souvenir qu'on en a, ou de ce qu'ils font avec les élèves actuels. Les enseignants vivent très mal les critiques que peuvent leur faire les parents d'élèves, elles leur donnent l'impression d'être déjugés dans le travail qu'ils font. Ils disent aussi se sentir seuls dans l'exercice de leur responsabilité. C'est aussi parce qu'ils vivent mal aussi les critiques que peuvent leur faire leurs collègues, et qu'ils n'osent pas demander conseil auprès d'eux, de peur de passer pour quelqu'un qui n'y arrive pas. Ils se sentent donc désemparés, en étant pourtant sûrs de la qualité de leur travail. Ainsi, lorsque l'on parle de réformes ou d'idées nouvelles pour modifier les conditions d'enseignement, ils y réagissent souvent de façon hostile, en considérant qu'ils défendent ainsi leur profession.

Ils seraient alors les seuls à être parfaits, au milieu du chaos de l'Education Nationale ? Comment vouloir que les choses changent, sans changer d'éléments précis ? Au moins peut-on reconnaître que tous les professeurs ne sont pas tous individuellement des être idéaux et parfaits. Par expérience, on peut penser qu'il y a grossièrement dans ce corps un tiers de professeurs admirables, excellents pédagogues, des hommes et des femmes qui s'engagent sans compter dans leur tâche et qui correspondent à la description du professeur socle de la République. Grossièrement également, il y a un tiers de professeurs honnêtes, qui font assez bien leur métier, et qui contribuent efficacement à l'éducation des jeunes Français. Mais il reste aussi un tiers de professeurs vraiment dépassés, avec ou sans le souci du métier, qui apportent trop peu à leurs élèves. Il faut le reconnaître, car les réalités des enseignants ne sont pas toutes les mêmes.

On peut penser à plusieurs thèmes pour améliorer le fonctionnement de l'Education Nationale. Pour commencer, tous les jeunes professeurs mettent en cause de façon unanime leur formation, leur passage à l'IUFM ne le préparant pas de façon efficace à leur métier. La faute en revient au pédagogisme de façon théorique plutôt que pratique. Avec les cours expliquant comment apprendre aux élèves telle ou telle matière, doivent aussi figurer de façon générale "comment apprendre aux élèves", ou plus crûment, comment tenir et gérer une classe. Lorsque l'on apprend que ceux qui donnent des cours en IUFM n'ont parfois jamais eu d'expérience concrète d'enseignement, on ne peut qu'être effrayé sur la faillite de cette institution.

La formation ne doit d'ailleurs pas être uniquement une étape de début de carrière pour les professeurs : celle-ci doit se faire tout au long des années de façon continue, mais évidemment en dehors des périodes de cours. Car l'absentéisme est déjà une difficulté en soi de l'Education Nationale, particulièrement dans le secondaire. A ce titre, les remplacements au sein d'un même établissement initiés par Gilles de Robien vont dans le bon sens, et mériteraient d'être davantage acceptés par le corps enseignant. Mais les professeurs craignent souvent que leur classe soit prise par un autre enseignant, encore une fois de peur de la comparaison, du jugement. Celui-ci ne doit pourtant pas être redouté, vu que cela permet l'amélioration.

De même, les relations avec les parents d'élève ne gagnent pas à être tendues. Les professeurs se plaignent de devoir régler en classe les difficultés des familles, et de devoir apprendre aux élèves ce que les parents ne leur apprennent pas malgré leur rôle. Plutôt qu'une concurrence, n'est-ce pas une collaboration qui devrait avoir lieu ? En fait, les enseignants se plaignent également d'avoir des difficultés à rencontrer les parents d'élèves en difficulté. Et il est vrai que les premiers n'ont pas à assumer seuls toutes les charges de ces derniers.

Enfin, et surtout, il est vraiment souhaitable que les professeurs soient évalués plus souvent. Leur supérieur hiérarchique étant justement l'inspecteur d'académie, et non le directeur/proviseur/principal de l'établissement où ils enseignent. IL est donc sain qu'ils voient leur hiérarchie directement régulièrement. Cela permet de constater un travail bien fait, ce qui mène alors à des augmentations de salaire plus légitimes que la simple ancienneté. Cela permet également de recadrer un travail qui ne va pas. A ce titre, pour que le cours auquel assiste l'inspecteur soit représentatif, il convient de réhabiliter l'inspection surprise. En effet, aujourd'hui, les inspections étant planifiées et communiquées à l'avance, les cours concernés sont préparés d'une façon différente, et ils s'adressent alors davantage à l'inspecteur qu'aux élèves, ou en tous cas ils ne se déroulent pas de façon ordinaire. Des inspections plus fréquentes et non planifiées sont donc souhaitables pour coller au plus près des différentes réalités des enseignants. Et tout cela ne peut que favoriser un meilleur enseignement.

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