La déresponsabilisation des parents
Les mères qui ne peuvent être là à la sortie de
l'école, ou qui n'ont prévu personne pour compenser leur absence, faute de
moyens, faute de possibilités ou tout simplement faute d'y avoir pensé
se rassurent par la présence de la télévision.
Devant celle-ci,
l'enfant est censé ne pas bouger, hypnotisé qu'il serait par le charme
magique de l'écran. On sait où il est, ce qu'il fait. Avec bonne
conscience. En pensant que, naturellement, la télévision possède le bon
sens de diffuser de bons programmes. C'est tellement évident pour une
mère qui souffre déjà de rentrer tard chez elle et qui pense que, en
contrepartie, la télévision a offert à son enfant du beau et du plaisir
pour les yeux et pour le cœur. Aussi, quand elle découvre la « boudinerie »
américano-japonaise que débite Dorothée, quelle déception ! Mais comment ajouter à l'absence, des ordres et des interdits
sur les émissions? Comment admettre que même les programmes pour enfants
tels qu'ils sont faits aujourd'hui imposent un choix, une présence, une
surveillance ? Car chaque enfant - comme chaque adulte - reçoit le message
télévisuel de façon intime et aussi diversifiée que peuvent l'être les
caractères.
(Ségolène Royal dans Le
ras-le-bol des bébés zappeurs, p 58)
Analyse : Ici, les dessins animés
japonais sont qualifiés de "boudinerie", trois pages plus tard ils sont
qualifiés de "nulissimes". D'une manière générale, dans son livre Ségolène
Royal retire la charge aux parents de surveiller ce que leurs enfants
regardent. Ainsi, p 94 et 95, elle répond à ceux qui conseillent aux
parents de surveiller leurs enfants que "ces bons conseils provient de
ceux qui n'ont pas d'enfants, ou qui ne les ont jamais eu à charge à plein
temps, ne serait-ce que quarante-huit heures". La solution passe alors par
la censure, si possible au niveau européen.