Des films occidentaux tout public
Au fur et à mesure des pages, Ségolène Royal fait
des propositions. Du haut de son promontoire, elle énonce ce qu'il faut
bannir, et ce qu'il aimer. Ainsi, pour éviter les "futurs parcs à la
gloire de Bioman", il faut faire regarder les programmes que Ségolène
Royal aime. Soit la BBC en fait (qui une fois 22 heures passées, n'est pas la
dernière pour les programmes trash de nos jours outre-manche), ainsi que des
exemples d'oeuvres populaires approuvées :
Si les chaînes s'efforçaient de mieux informer le
public des films ou des téléfilms qu'elles présentent, si elles évitaient
le racolage dès 20 h 30, dont le cinéma est la première victime, on n'en
serait pas là.
En fait, il faut le dire, les énormes succès du cinéma,
aujourd'hui, sont des films tout public : La vie est un long fleuve
tranquille, Trois Hommes et un couffin, Le Grand Bleu, L'Ours, Le Nom de
la rose, Le Dernier Empereur, A la recherche du diamant vert, Indiana
Jones et... Marcel Pagnol.
Les succès mondiaux d'hier aussi : Autant en
emporte le vent, Sissi, Le Pont de la rivière Kwaï La Grande
Vadrouille...
Comment ne pas voir une telle évidence? Le public,
massivement, veut de l'aventure, du rêve, de l'humour, du mélo, du beau.
Sans être heurté ni agressé gratuitement.
Rien que de très
démocratique, dès lors, que le prime time lui porte prioritairement
attention.
Le plus incroyable,
c'est que les responsables de chaînes n'y pensent pas tout seuls. La
mauvaise télé chasse la bonne, et la loi du profit facile aveugle.
(Ségolène Royal dans Le ras-le-bol des bébés zappeurs, p 111)
Tout public, "Le Nom de la Rose" ? Pas de sexe
dans le film "Le Grand Bleu" ? Indiana Jones n'a-t-il pas de sang sur les
mains ? Et ainsi de suite. Ces films sont évidemment estimables, mais on
peut quand même juger de la différence de traitement que fait Ségolène
Royal entre ce qu'elle connait et ce qu'elle ne cherche pas à connaître.
Autre exemple de ce qu'il faut faire : "le retour de Batman, ce héros
malicieux des années 30 qui a tant amusé nos propres parents" (p145,
paragraphe Des héros sans violence).
On trouve quand même des recommandations pour les
parents :
Éviter les émissions jeunesse (Dorothée) de TF1.
Choisir A2 ou FR3. Ce sera plus facile quand le bruit aura circulé dans
les cours de récré que « Dorothée, c'est nul ». Lui préférer même les
dessins animés de la Cinq, beaucoup moins violents (mais se méfier de la
série policière qui suivra, inévitablement, ou des bandes-annonces et de
la pub, qui agressent sur cette chaîne !).
(Ségolène Royal dans Le ras-le-bol des bébés zappeurs, p 175)
Avec le recul, le bruit que Dorothée, c'était nul
a bien circulé dans les cours de récréation. Mais c'était plus du fait de
la satire qu'avaient fait les Inconnus de l'animatrice que de la
découverte de la prétendue mauvaise qualité des dessins animés qui y
sont diffusés. Au contraire, les dessins animés et les bandes
dessinées japonaises sont extrèmement populaires en France, en grande
partie grâce à la fenêtre de diffusion qu'ont représenté ces
émissions. Les jeux vidéos issus des licences "Dragon Ball" et "Les
Chevaliers du Zodiaques" paraissent encore régulièrement et se
vendent bien. Et il y a toujours autant de publicités sur TF1
pendant les programmes jeunesse, que les dessins animés soient
japonais, américains ou français.
Mais le meilleur moyen que Ségolène Royal pronait
contre les dessins animés japonais était encore les quotas.
Car
il faut quand même admettre que, sans quotas, nos enfants
finiront par penser américain ou même parler japonais
(p148). Ah, quel
drame ce serait, nos enfants qui parleraient le japonais, ce serait
encore pire que de penser américain ! Mais au fait, quel est
le problème avec l'apprentissage de la langue
japonaise ? Ségolène Royal a-t-elle un problème avec les
Japonais eux-mêmes ?