Réflexions en cours

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mercredi 30 janvier 2008

Les élections européennes de 2009

Les prochaines élections pour élire les députés européens auront lieu dans moins de 18 mois désormais. Actuellement, rares sont ceux qui s'en soucient. De toutes façons, les élections européennes sont celles qui sont les moins attendues et les moins commentées. A tort. Le Parlement Européen a la main mise sur un très grand nombre de sujets, ce sont les députés européens qui font la réglementation européenne qui doit ensuite être reprise telle quelle par les lois des différents pays. Les lobbys ne s'y trompent pas, vu que c'est à Bruxelles qu'ils vont tenter d'influencer les preneurs de décisions publiques, plutôt que dans les parlements locaux. Certes, la législation européenne se fait également en bonne partie au sein de la Commission Européenne. Mais celle-ci est désignée par les Chefs d'Etat, alors que le Parlement Européen est la seule instance véritablement démocratique (car fondée sur une représentativité directe) de toutes les structures européennes. Il a également un vrai rôle de contrôle sur la Commission Européenne, même s'il serait souhaitable qu'il ait davantage de pouvoir que cette dernière. Tout cela fait que les élections européennes ne sont certainement anodines, au vu de leurs conséquences.

Seulement l'Europe parait bien loin pour les électeurs, ou tout du moins c'est ce qu'estiment les partis politiques, qui peinent bien souvent à définir un véritable message pour ces élections, contribuant à l'effacement du scrutin dans un regrettable cercle vicieux. Pourtant ce désintérêt des partis pour les élections européennes n'est pas justifié. Au contraire, ce sont les partis qui arrivent le mieux à définir un message européen qui s'en sortent traditionnellement le mieux. Ainsi, au cours des élections européennes précédentes, les partis qui ont le mieux réussi sont l'UDF, les Verts (deux partis mettant en avant un projet fédéral pour l'Europe) et ceux représentant les souverainistes (en disant non à la construction européenne, ils ne sont au moins pas hors sujet). En 2004, le PS avait mollement parlé d'"Europe sociale" sans bien dire ce que voulait dire ce terme, mais s'était concentré sur la promotion d'un vote sanction contre la droite. L'UMP, elle, n'avait tout simplement pas de message audible, à l'instar de la coalition RPR-DL en 1999. Craignant peut-être de perdre des voix du côté des eurosceptiques, l'UMP n'assume pas sa volonté d'oeuvrer en faveur de la construction européenne. Peine perdue, puisqu'elle y perd sur les deux tableaux : ceux qui veulent davantage d'Europe politique a voté jusqu'à présent pour l'UDF, ceux qui en veulent moins ont toujours trouvé des souverainistes pour qui voter.

En prévision de cette échéance, l'UMP doit travailler dès maintenant sa doctrine européenne pour avoir vraiment quelque chose à dire en 2009. Et pour bien faire les choses, elle devrait, comme chaque parti, se concerter à l'intérieur de chaque parti européen pour qu'il y ait des programmes communs aux différents pays. Après tout, ce serait le concept le plus logique, dans la mesure où ce sont bien des politiques pan-européennes qui seront mises en oeuvre. Les Verts se déclinent dans l'Europe entière, le Parti Socialiste Européen regroupent les PS de chaque pays, et le Parti Populaire Européen permet la collaboration des droites modérées de toute l'Europe. Il y a déjà des avancées en ce domaine, puisqu'au sein de ce Parti Populaire Européen, l'UMP a déjà commencé à travaillé avec la CDU allemande pour le projet à présenter en 2009, notamment à la suite d'une rencontre entre Jean-Pierre Raffarin et Angela Merkel en juillet 2007. Evidemment, cette collaboration est plus difficile avec les conservateurs britanniques, qui sont largement anti-européens. Cela pointe aussi la nécessité de faire le ménage dans ces partis européens, pour aboutir à une meilleure convergence idéologique entre ses composantes.

samedi 5 janvier 2008

Bilan de l'année 2007

Début 2007, l'année qui s'annonçait paraissait assez intéressante. Il y avait en effet au programme une élection présidentielle, ce qui veut dire une longue campagne électorale, un choix, et l'application d'une nouvelle orientation. Et au moins la campagne électorale a tenu toutes ses promesses. Les Français se sont d'autant plus passionnés à la suivre qu'elle présentait des orientations claires, avec de vrais débats sur les idées et les pratiques à mettre en place. La pré-campagne avait commencé dès la rentrée 2006, avec les primaires socialistes qui furent elles-mêmes assez tendues. A cette occasion, les militants socialistes avaient préféré choisir une candidate médiatique et portée par la mode plutôt que de trancher le débat sur la ligne directrice du PS, ce que se proposaient de faire Laurent Fabius, favorable au socialisme à l'ancienne, et Dominique Strauss-Kahn, militant pour l'affirmation de principes sociaux démocrates. En conséquence, Ségolène Royal est la candidate du PS avant même le début de l'année 2007, mais doit toujours faire face à un problème de crédibilité, et n'a pas ligne directrice claire. Elle refuse ainsi le programme socialiste, qui aurait pourtant du être prêt à l'emploi, pour préférer lancer des débats participatifs dont la synthèse devrait lui donner un programme.

Le congrès de l'UMP, porte de Versailles le 14 janvier 2007, marque l'entrée en course de Nicolas Sarkozy, ou plutôt la dernière ligne droite pour quelqu'un qui n'aura jamais caché ses ambitions présidentielles. Par un long discours lyrique et volontariste, il réussit d'emblée à reprendre la tête de la course dans les sondages, après avoir été dépassé pendant quelques mois par Ségolène Royal. Aujourd'hui, on ne peut plus sous-estimer l'importance de ce discours, qui donna non seulement le ton de la campagne du candidat, mais aussi présenta une vision complète pour la France. Il lui permit de dominer la campagne pendant plusieurs semaines, et ce d'autant plus que Ségolène Royal enchaîna une incroyable série d'erreurs politiques, qualifiées de "bourdes". Celles-ci furent d'autant plus dévastatrices qu'elles représentaient la seule actualité de la candidate, n'ayant pas de programme à présenter. Les faiblesses de Ségolène Royal étaient telles qu'elles l'amenaient à perdre toujours plus de terrain, ses électeurs potentiels commençant à lui préférer François Bayrou, qui s'était lancé dans une diatribe anti-médias, et qui présentait son désir de réaliser l'union nationale autour de lui. Tant et si bien que le PS risquait à nouveau de ne pas être présent au second tour. Si Nicolas Sarkozy se maintenait grâce à une campagne menée en direction de sa droite comme de sa gauche, Ségolène Royal provoquait l'inquiétude parmi les siens en chutant trop rapidement, même lorsqu'elle eut enfin dévoilé son programme.

En fin de compte, nombreux sont ceux qui ont refusé de voir la gauche absente du second tour une nouvelle fois, et ont voté pour Ségolène Royal, laissant François Bayrou avec un très beau score au premier tour. Mais pour le deuxième, celui-ci refusa de choisir, et Ségolène Royal avait un retard trop important, et d'autant plus que la campagne ne lui avait pas permis de lever les doutes qui pesaient sur ses capacités ou son programme. Elle misa alors tout sur le débat télévisé, et perdit, en se montrant trop agressive. Depuis son élection, Nicolas Sarkozy applique une politique qu'il appelle de rupture. La façon de faire change sans l'ombre de doute : voici le Président toujours en première ligne, refusant de se cacher derrière son Premier ministre et mettant toute son énergie à mettre en place les mesures qu'il pronait en campagne. Il est pourtant moins brutal qu'annoncé, vu la révision à la baisse des ambitions de certaines ce ces mesures. Ainsi, la réforme des universités est restée incomplète, il n'existe toujours pas de vrai service minimum et les employés des régimes spéciaux de retraite doivent seulement cotiser plus longtemps, contre de nouveaux avantages salariaux et ils ont gardé l'indexation sur les six meilleurs mois de leur carrière.

Ce qui a marqué 2007, ce sont aussi les événements inattendus favorisés par ces changements. Ce qui s'est passé autour d'Eric Besson, puis des autres personnalités de l'ouverture était loin d'être prévisible. La victoire de Nicolas Sarkozy n'était d'ailleurs pas gagnée d'avance, vu que la France s'était habituée à jour l'alternance systématique, et que le bilan de la législature précédente était contrasté. Doit-on être surpris que le PS soit toujours dans un état aussi délètère, bientôt six ans après le 21 avril 2002 ? Au moins pourra-t-on lui souhaiter de faire en 2008 une clarification idéologique trop longtemps repoussée. La vie privée de Nicolas Sarkozy peut aussi étonner, mais elle est surtout une source de non informations, de faits qui éloignent les médias des vrais dossiers. Au final, ce qu'il reste, c'est que l'année 2008 devra être une année de changements à apporter, après six mois où ceux-ci ont débuté, et six autre de mois de débats sur leur nature.

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