La condamnation à deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt d'un manifestant hostile au mariage gay dimanche dernier interpelle forcément. A l'heure où on nous dit qu'il faut sortir du "tout carcéral" et que dealers et cambrioleurs sont relâchés promptement malgré de nombreux antécédents, la mise sous les verrous de quelqu'un qui n'a pas usé de violence, et qui en fait, n'a pas causé de tort à qui que ce soit passe ni plus ni moins pour de la répression idéologique. Le malheureux devient donc de facto un prisonnier politique, quelque chose que l'on n'avais pas vu depuis bien longtemps en France. Alors que les parlementaires de gauche oeuvrent pour l'amnistie des personnes ayant commis des violences lors de mouvements syndicaux, les non-violents hostiles au gouvernement sont mis au cachot. Pour rappel, José Bové n'a jamais purgé de peine de prison pour tous les saccages et destructions qu'il a commis devant les caméras. Où est la justice ? On peut être favorable au mariage homosexuel et dénoncer les traitements détestables réservés à ceux qui s'y opposent.
Au delà de ça, la question se pose sur la façon de sortir de ce débat sur le mariage gay qui n'en finit pas. Il parait que les opposants veulent profiter du tour de France pour manifester sur ce thème. C'est une très mauvaise idée. De même qu'il était inutile de perturber la finale de Roland Garros, il ne faut pas polluer de politique des événements qui ne le sont pas. Ou sinon, le seul résultat pour ces opposants sera de passer pour d'insupportables rabats joie et non pour des citoyens inquiets. Interpeller le Président de la République sur son passage est un geste démocratique, gêner un sportif quelconque dans l'effort est la marque des égocentriques.
Une partie de l'UMP, Jean-François Copé en tête, prévient d'ores et déjà qu'elle annulera cette loi lors de son retour au pouvoir. Une autre partie estime que c'est là mentir, et ils ont raison. Comment "démarrier" des couples ? Ce serait bien une mesure insensible désastreuse face à l'amour. Du reste, ce n'est pas vraiment le problème. Car en fin de compte, ce qui d'un point de vue rationnel, gênait le plus de personnes, ce n'est pas tant le mariage civil homosexuel que l'adoption par des couples gays. On a appris pour l'occasion qu'il était déjà possible pour des célibataires d'adopter. Or le nombre de bébés français à adopter est en fait très faible. Du coup, ceux qui veulent un très jeune enfant se tournent du côté de pays étrangers, alors que la France a surtout des enfants âgés à placer en dehors de situations familiales compliquées. Et dans ces questions, le point primordial doit être celui du bien-être de l'enfant.
En premier lieu, un enfant doit pouvoir grandir dans une famille qui pourra prendre soin de lui, l'élever convenablement et l'aimer. Autant dire qu'avec ces critères, le processus d'adoption déjà très long et compliqué élimine les familles potentielles inconséquentes. Il sera donc moins probable pour un enfant adopté de tomber sur une mauvaise famille que pour un enfant naturel : il n'y a évidemment aucun permis à avoir pour faire un enfant de façon ordinaire.
Ensuite, les familles mono-parentales sont souvent le cadre de situations plus difficiles que celles où il y a deux parents. Evidemment, la quasi totalité de ces mères ou de ces pères font tout ce qui est en leur pouvoir pour bien éduquer leurs enfants, mais en étant seul, c'est forcément plus compliqué en termes de temps ou de revenus. Enfin, si les deux parents aimeront leur enfant de la même façon, s'il est possible de choisir, il est préférable pour l'enfant d'avoir à la fois un référent paternel et un référent maternel : un homme et une femme, ce n'est pas la même chose, et l'enfant pourra mieux s'appuyer sur ces complémentarités s'il a des parents de sexe différent.
L'opposition ne doit donc pas promettre d'abroger cette loi sur le mariage homosexuel. Toutes ces questions qui fâchent peuvent être résolus en mettant un système de priorités pour le choix des familles qui veulent adopter un enfant :
Il est préférable pour un enfant d'avoir une famille plutôt que d'être dans un orphelinat.
S'il est possible de choisir, il est préférable pour un enfant d'avoir deux parents, y compris du même sexe, qu'à un seul célibataire.
S'il est possible de choisir, il est préférable pour un enfant d'avoir deux parents de sexe différent plutôt que de même sexe.
Voilà qui pourrait suffire pour mettre fin à ce débat.
Par xerbias,
lundi 22 avril 2013 à 23:48 ::General
Le 7 avril dernier se tenait en Alsace un référendum potentiellement salvateur : il s'agit de fusionner le conseil régional d'Alsace et les conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Cela s'est terminé par un lamentable échec. Certes, le oui l'a emporté à la majorité des suffrages exprimés dans le Bas-Rhin et dans l'Alsace globalement, mais non seulement la participation était insuffisante (le oui n'a atteint le quart des inscrits nulle part, alors que ce devait être le cas dans les deux départements pour que ce référendum soit valide), le non l'a en plus emporté dans le Haut-Rhin. Cela consacre la victoire de tous ceux qui avaient pris position contre cette fusion : que des extrémistes.
Il faut dire que c'était là une bien trop belle opportunité : faire enfin des économies sur l'argent public ! Pour être très clair, l'existence des conseils généraux ne se justifie pas. Dans le mille feuille administratif français, régions et départements n'ont aucune utilité à vivre séparée, ce sont déjà des organismes qui ont tendance à enfler démesurément, la moindre des choses serait de mettre en œuvre des économies d'échelle en les regroupant. De telles économies doivent gêner : probablement les élus, que l'on peut démultiplier si jamais ils ne cumulent pas trop. Les syndicats de fonctionnaires, qui s'imaginent que la bonne gestion de l'argent public se fera sur leur dos. La population, si elle croit vraiment que ce n'est pas elle qui paye in fine pour avoir l'illusion de la proximité d'une administration quelconque.
En tant que tel, il y a peu de doutes : oui, conseils généraux et régionaux doivent être fusionnés, et ce, dans toute la France. L'Alsace aurait pu représenter une avant garde, mais il faudra bien que chacun y passe. Quand on se demande où est gâché les sommes phénoménales obtenues par des niveaux d'imposition record, c'est par là qu'il faut pointer du doigt. L'existence de ces honteux doublons administratifs est pire qu'un symptôme de la maladie qui atteint la France, c'en est une des causes. Alors pendant que le gouvernement et le Président français atteignent les bas fonds de l'impopularité en ne faisant rien d'important, qu'ils agissent au moins, et mettent sur le tapis un plan pour organiser de telles fusions partout en France. Au moins là, on aurait l'impression de commencer d'avancer.
Il y a un an, nous étions en pleine campagne électorale. Les militants socialistes recouvraient la France entière d'affiches pour François Hollande arborant le slogan "Le changement, c'est maintenant". Nul besoin d'être un linguiste de haut niveau pour voir la double promesse en si peu de mots : changement, maintenant. Il a été élu, et 11 mois après, quel est le résultat ? Pas de changement, et s'il doit y en avoir, il n'est certainement pas maintenant. Ah, finies, les déclarations comme quoi François Hollande, connaissant parfaitement la gravité de la crise, était prêt à changer immédiatement la conjoncture économique par la politique menée dès les premiers mois de son mandat. Le retour à la réalité est rude. Les prévisions de croissance délirantes faites autrefois ne se sont évidemment pas concrétisées, les projets socialistes s'avèrent parfaitement irréalisables et même à l'international, rien ne se passe comme prévu. Pour résumer, on s'est fait plaisir en parlant de "rêve français", pour s'apercevoir qu'on rêvait bel et bien, alors que le réveil est des plus brutal.
Le tableau qu'offre la France actuellement est déplorable. Sur aucun point, la nouvelle majorité n'a permis d'améliorations. Les quelques mesures les plus intéressantes du programme de François Hollande peinent à se concrétiser : l'interdiction du cumul des mandats, par exemple, semble renvoyé aux calendes grecques, contrairement à ce qui était prévu. La lutte contre les déficits publics passe par d'importantes augmentations d'impôts, alors qu'il faudrait s'attaquer à la dépense publique. Rien n'est fait contre l'empilement des échelons administratifs, et la dernière réforme des collectivités locales renforçant même l'échelon départemental. Violences et cambriolages se multiplient, pendant que la Garde des Sceaux Christiane Taubira affiche sa volonté de mener une politique laxiste en matière de lutte contre l'insécurité. L'improbable ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, se pavane devant les caméras sans obtenir de résultats concrets, faisant office de dernier maillon d'une politique économique à la dérive. On nous a mentis sur le fait que la France n'interviendrait jamais militairement au Mali. Et bien sûr, le chômage augmente chaque mois considérablement, retrouvant des niveaux vus la dernière fois lors du précédent gouvernement socialiste, il y a une douzaine d'années.
Rien ne se passe comme le candidat François Hollande l'avait annoncé, mais est-ce vraiment une surprise ? Pas tant que cela, puisqu'on connaissait bien l'inexpérience au niveau gouvernemental tant du nouveau Président de la République que du nouveau Premier ministre. L'incompétence de François Hollande était bien documentée, affichée au conseil général de Corrèze comme à la tête du Parti Socialiste. Candidat de second choix après la chute spectaculaire de Dominique Strauss-Kahn, on ne peut pas dire non plus qu'il est bien entouré. Ainsi, celui qu'on nous présentait comme le compétent du gouvernement, Jérôme Cahuzac, a été chargé de lutter contre la fraude fiscal quand bien même il fraudait le fisc lui-même. Aujourd'hui, les masques tombent, créant un scandale moral majeur. Ce n'est pas la seule hypocrisie, et désormais, chaque jour apporte de nouvelles révélations, permettant de mieux comprendre comment on en est arrivé là. Mais même si on ne s'attendait pas à ce que la nouvelle majorité travaille dans le bon sens, oui, on peut quand même être surpris que ça se passe si mal. Etre déçu alors qu'on n'espérait déjà pas à grand chose, voilà qui peut laisser bouche bée.
Aujourd'hui, il n'y a plus d'illusions. Le changement si promis n'arrivera pas. Quel avenir reste alors à la France ?
Par xerbias,
jeudi 14 février 2013 à 23:00 ::General
En janvier 2007, François Hollande dénonçait "la République des drôles d'amis", à propos des nominations présidentielles à d'importants postes, comme la tête du CSA. "On a un président de la République qui recase ses amis dans les plus hautes fonctions", disait-il alors. Il s'est dit "consterné" par la nomination de Michel Boyon à ce poste, car ne respectant pas le pluralisme. Ancien directeur de cabinet du Premier ministre (de droite) Jean-Pierre Raffarin, Michel Boyon ne pouvait, selon François Hollande, faire respecter le pluralisme. Exactement six ans plus tard, voilà que nous avons François Hollande qui nomme... l'ancien directeur de cabinet du Premier ministre (de gauche) Lionel Jospin, Oliver Schrameck, au même poste, pour succéder à Michel Boyon. Fi des inquiétudes sur le pluralisme ! Fi des questions sur la neutralité du président du CSA ! Fi des velléités de réforme du mode de désignation du président du CSA, exprimé en 2007 ! En matière de "République des drôles d'amis", la politique de François Hollande est bien de recaser ses amis dans les plus hautes fonctions, soit exactement ce qu'il reprochait à Jacques Chirac autrefois. Quand c'est la droite qui le fait, c'est scandaleux, mais quand c'est la gauche, voilà qui est tout à fait normal et même vertueux. C'est bien évidemment indéfendable, et quand on pose la question aux ministres du gouvernement actuel, ils n'ont plus qu'à dégainer langues de bois et mauvaise foi particulièrement risibles.
Tout le long de l'année 2012, François Hollande a réaffirmé que la France était partie pour retourner à 3 % de déficit public par rapport au PIB à la fin 2013. Il faut dire qu'en tant que candidat, François Hollande a bâti tout son projet présidentiel sur des hypothèses économiques notoirement fantaisistes. Il nous promettait pas moins de 1,7 point de croissance pour 2013, soit bien au-dessus de ce qu'imaginaient tous les experts en conjecture. Selon Michel Sapin, alors en charge du projet économique du candidat socialiste, expliquait que cet objectif pouvait être atteint "dès lors que les politiques adaptées seront adoptées". Et les années suivantes, les hypothèses de croissance tiennent du rêve éveillé : 2 % en 2014, pour finalement atteindre 2,5 % par la suite. Au final, l'équilibre budgétaire serait atteint à la fin du quinquennat.
Une fois élue, l'hypothèse de croissance pour 2013 n'était finalement plus que de 0,8 point, soit deux fois moins qu'espéré auparavant, mais ça ne remettait nullement en cause le retour aux 3 % de déficit selon l'Elysée. "La crise rend cet exercice plus ardu, mais d'autant plus nécessaire" expliquait François Hollande en septembre dernier. Il n'a pourtant pas fait grand chose pour diminuer les dépenses de l'Etat. Et maintenant, il s'avère qu'on n'aura même pas 0,8 point de croissance cette année, et évidemment on ne sera pas à 3 % de déficit en décembre prochain. Et le gouvernement d'expliquer que l'on pourra peut-être avoir un délai auprès de la commission européenne, la croissance n'étant pas au rendez-vous. Mais il a toujours été évident que la croissance serait très faible, et construire un programme économique sur ce genre d'hypothèses délirantes était dès le départ un non sens ! Il faudrait une bonne fois pour toute arrêter de financer des dépenses publiques ahurissantes par des paris perdus d'avance sur une croissance qui vient d'autant moins qu'on la fantasme.
On pourrait aussi parler de notre virée au Mali, dont on nous avait dit qu'elle n'aurait en aucun cas lieu, ainsi que de nombreux autres sujets du même tonneau. Mais le point final est que rien ne change : la gauche fait exactement ce qu'elle reprochait à la droite de faire, et ce retournement de veste expose une incroyable hypocrisie tout du long. Il ne faut pas s'étonner que les résultats ne soient donc pas meilleurs, loin de là.
Par xerbias,
lundi 4 février 2013 à 11:27 ::General
Le gouvernement français souhaite faciliter l'euthanasie à l'avenir, c'était un des engagements de François Hollande. La population est généralement pour, même si elle ignore ce qu'il est déjà possible de faire en la matière. Le but est de ne plus souffrir. Et il n'est plus question d'être débranché ou maintenu en vie artificiellement, mais bien d'une intervention extérieure pour tuer quelqu'un qui aurait sinon pu continuer à vivre. Un meurtre consenti en fait. Et encore, le consentement peut venir de la famille ou du médecin, ça fera l'affaire, le tout étant d'en finir avec une vie. Reste à savoir quelle genre de souffrance justifie de se faire suicider. Des souffrances physiques insupportables ? Cela va sans dire. Un handicap empêchant une vie normale ? Visiblement, c'est négociable. Le mal être, la dépression ? On arguera que la souffrance psychologique est une souffrance comme une autre. Voilà comment on en arrive à souhaiter que soit mis à disposition de tout à chacun un moyen de mourir rapide et indolore, à volonté. Ce doit être ça, le progrès social. Et c'est comme ça qu'on en arrive aux cabines à suicide...
Pouvoir mourir à tous les coins de rue, quand on veut, pour pas cher, sans souffrance (à moins qu'on préfère une mort douloureuse) est bien parti pour être l'avenir de l'humanité. Le dessin animé Futurama, créé à l'approche de l'an 2000 en imaginant l'an 3000, fait pour le coup preuve d'une belle anticipation. Dès son premier épisode, il introduit brillamment le concept de "cabine à suicide" qui semble bien parti pour être un objet quotidien. Certes, le concept n'a pas été mis en place en 2008 comme annoncé, mais au rythme actuel, ça ne saurait tarder.
La vie va bientôt devenir une valeur dépassée. Pourquoi lutter pour après tout ? Vous avez un coup de blues, vous êtes déprimés ? Plutôt que de chercher le soutien d'amis ou de la famille, suicidez-vous ! Voilà bien le message qu'on adresse à l'espèce humaine. On comprend bien que la société, plutôt que d'offrir une aide bienveillante à celui qui peine à surmonter de quelconques problèmes, préfère l'aider à en finir et ainsi à s'en débarrasser. Comme ça, le "souffrant" meurt rapidement, et il ne gène plus personne. Quel progrès enthousiasmant...
Par xerbias,
samedi 29 décembre 2012 à 19:22 ::General
Dans les tribunes du Monde, il y en a une qui pour une fois vaut le détour : celle du producteur Vincent Maraval. Il profite de la polémique née du départ de Gérard Depardieu pour se poser la question de savoir si les salaires des stars françaises du cinéma sont mérités. Comme il utilise des arguments bien étayés, son propos est très pertinent, et amène à remettre en cause la situation présente. Un salaire peut être très élevé s'il rétribue un travail qui a permit de générer encore plus d'argent. Visiblement, ces derniers temps, les salaires de certaines stars sont si élevés que les films auxquelles ils participent peuvent ne pas être rentables, même lorsqu'ils rencontrent un succès normal en salle. Dans ce cas, c'est sûr, il y a un problème.
L'explication se trouve dans le fait que les films sont en grande partie financés par les subventions publiques et les obligations d'investissement des chaînes télévisées, les entrées en salle ne décidant plus du sort d'un film. Alors que le cinéma ne permet plus de fortes audiences à la télévision, les chaînes sont toujours obligées par les pouvoirs publics d'acheter en proportion de leurs revenus des films et de participer au financement de leur production. Cet argent se retrouve donc directement dans les poches de ces stars, qui monnayent leur célébrité plus que leur capacité à attirer vraiment des spectateurs ou des téléspectateurs.
Pendant ce temps, on va nous faire pleurer sur le sort de France Télévisions, et augmenter le montant de la redevance obligatoire de six euros car c'est trop dur de maîtriser les budgets. C'est promis, l'argent bénéficiera à "la création", c'est à dire le compte en banque des stars. Voilà encore un système vermoulu par les subventions et les réglementations excessives. Que la création cinématographique soit décidée en fonction de son succès ! Ou plus directement : laissons le marché décider ce qu'il a envie de voir. Pourquoi subventionner ou forcer le financement de films que personne ne veut voir, en salle ou à la télévision ? Si la présence d'une star suffit à faire d'un film un succès, pourquoi ne pas l'intéresser aux profits du film, plutôt que de fixer un salaire fixe éventuellement surdimensionné ?
Il en va du cinéma comme de tous les arts : le statut artistique ne doit pas être une excuse pour permettre des œuvres qui n'ont aucun public.
Par xerbias,
mercredi 12 décembre 2012 à 23:59 ::General
Maire de Paris depuis onze ans maintenant, Bertrand Delanoë s'est montré constant dans sa politique anti-voitures. C'est le résultat de la sociologie actuelle de la capitale, qui se traduit notamment par la relative influence des Verts (bien supérieure là que dans les campagnes) et l'état d'esprit des conseillers municipaux élus. Pour la majorité des Parisiens, il semble donc que la voiture, ça pollue et ça prend de la place. A la place, vive les transports en commun et les circulations douces. Ce mantra obsessionnel s'est traduit d'une part par l'accent mis sur le service municipal de location de vélos Vélib', et d'autre part par la guerre sans pitié aux véhicules privés. Les projets actuels (suppression des voies sur berges, baisse de la vitesse sur le périphérique, interdiction des véhicules les plus anciens, et éventuellement interdiction du trafic) continuent de pointer du doigt l'automobiliste comme nuisance qu'il faut supprimer. On retrouve en fait une question traditionnelle : une ville n'est-elle qu'à ses habitants ?
En tant que tel, on peut comprendre les Parisiens dans leurs combats anti-voitures. Ils ont tout à portée de main, les distances ne sont pas si grandes dans Paris, et le maillage des stations de métro y est vraiment exceptionnel. Ils doivent vivre avec une pollution certaine, et les rues y sont toujours pleines de voitures. Seulement, la situation est bien différente pour les non Parisiens. Conséquence du jacobinisme, bien des choses ne se trouvent qu'à Paris, et le réseau de routes nationales est d'ailleurs construit en étoile avec la capitale comme centre. Un très grand nombre de banlieusards doivent se rendre à Paris ou y passer pour travailler, et pour eux, le vélo n'est vraiment pas une solution vu les distances. Les lignes de RER sont de belles infrastructures, mais elles offrent toutes un service catastrophique et elles sont quotidiennement surchargées. En fait, heureusement qu'une bonne proportion des gens prennent leur voiture, car s'ils prenaient tous RER ou Transilien, tout exploserait. Comment peut-on encore dire "les gens n'ont qu'à prendre les transports en commun", quand ceux-ci souffrent de sous-investissements chroniques depuis des décennies et ne tiennent d'ores et déjà plus ?
Voilà un point qui ne concerne pas les Parisiens, et donc reste peu traité. Les habitants d'au-delà du périphérique sont traités comme des intrus qui nuisent à la tranquillité rêvée de la capitale. C'est du reste la même chose partout : le propriétaire d'une maison souhaitera que la rue dans laquelle il habite soit peu passante et que la vitesse y soit basse, mais il souhaitera également pouvoir aller vite dans les autres rues, où il n'a rien d'autre à faire que la traverser. C'est ainsi que se multiplient partout dos d'ânes et limitations à 30 km/h, qui plaisent au riverain mais énervent l'automobiliste... la même personne, suivant là où il se trouve.
Toujours est-il qu'à Paris, le maire s'y prend dans le mauvais ordre. Il devrait commencer par s'assurer que l'offre de transports en commun est bien à même de prendre en charge le passage de tous (on en est très très loin) avant de se lancer dans ces croisades anti-voitures. En attendant, cette politique favorisera les embouteillages et desservira les moins fortunés, ne pouvant déjà plus habiter dans Paris.
Par xerbias,
mercredi 5 décembre 2012 à 19:42 ::General
On apprenait ce matin que dans une école maternelle de Montargis, la visite annuelle du Père Noël serait annulée pour être remplacé par un spectacle de marionnettes. Selon certains parents, cette décision aurait été prise pour ne pas heurter les familles de confessions non chrétiennes. Les choses sont allées assez vite, puisque le député-maire de la ville y a mis bon ordre, et le Père Noël viendra bien voir les bambins. Une polémique a été évitée, mais le principe même du Père Noël comme symbole chrétien est très étonnant. En effet, ce célèbre personnage rondouillard pourrait difficilement être plus laïque. Certes, à la base, Noël est le jour où les chrétiens fêtent la naissance de Jésus, et c'est un jour important pour l'Eglise qui accueillent de nombreux croyants lors des messes données à cette occasion. Les symboles du Noël chrétien tournent surtout autour de la crèche, avec Marie, Joseph et les rois mages autour du petit Jésus. Quel rapport a le Père Noël avec tout ça ? Venant de Laponie, il est à des milliers de kilomètres de Bethlehem. Ses rênes, son traineau et sa troupe de nains n'ont pas grand chose à voir avec la tradition chrétienne. On pourrait dire qu'il est l'héritier de Saint Nicolas, mais cette tradition remonte à plus loin encore, et a en fait des racines païennes. Nulle part il est dit dans la Bible que l'on doit s'échanger des cadeaux pour célébrer la naissance de Jésus.
A vrai dire, cela fait longtemps maintenant que les fêtes religieuses ont été transformées en fêtes profanes avec l'apparition de traditions sans rapport avec la liturgie. Dans cette catégorie, outre le Père Noël qui apporte des cadeaux, on a aussi le lapin de Pâques qui sème des œufs en chocolat, ou bien la chasse aux bonbons d'Halloween, qui se superpose à la Toussaint sans lien évident. On peut aussi célébrer l'Epiphanie en mangeant de la galette, la Chandeleur en mangeant des crêpes ou Mardi Gras en faisait le carnaval sans jamais se soucier de la signification des fêtes qui en sont à l'origine.
Si l'on peut reprocher quelque chose à la tradition du Père Noël, c'est certainement son côté mercantile, et non son origine religieuse. Mais honnêtement, ce serait surtout jouer au rabat-joie. Pour les chrétiens, Noël, c'est la célébration de la naissance de Jésus. Mais pour tous, c'est la fête de la famille, des enfants, la meilleure occasion pour se retrouver dans l'année. Le Père Noël, les décorations et tout ce folklore permettent une ambiance particulière qui rend moins triste le sinon bien morne mois de décembre. Et c'est pour ça que dans des pays pas du tout chrétien, comme le Japon, la fête de Noël est amplement célébrée par tous. Longue vie au Père Noël !
Par xerbias,
vendredi 30 novembre 2012 à 13:36 ::General
Même en étant favorable au mariage homosexuel, on peut regretter la tournure que prend le "débat" sur cette question. Les opposants au mariage gay, à la base inspirés par des valeurs religieuses chrétiennes, mettent en avant le bien de l'enfant en cas d'adoption. Cela montre déjà que l'interrogation porte moins sur le mariage que l'homoparentalité. Du côté des partisans les plus vocaux du mariage homosexuel, la réaction est tout simplement de traiter les opposants d'homophobes, voire d'appeler au meurtre dans les cas les plus extrêmes. Difficile, dès lors, de se croire champion de la tolérance.
Mais il n'y a pas que les chrétiens qui soient défavorables au mariage homosexuel. L'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) a ainsi pris position contre en utilisant un raisonnement par l'absurde : "Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie, au nom du sacro-saint amour ?" La référence à la polyandrie (le fait pour une femme d'avoir plusieurs époux simultanément) est surprenante, mais également un peu savoureuse. Dans ce texte, l'UOIF met en avant la menace de la polyandrie, mais ne cite absolument pas l'autre forme bien plus courante de polygamie, la polygynie, où un homme a plusieurs épouses en même temps. Et pour cause, puisqu'elle est autorisée dans les textes islamiques. Evidemment, l'UOIF ne défend pas la polygynie, incompatible avec la culture française. Mais craindre la polygamie féminine en oubliant la masculine, souvent reprochée à l'Islam, fait sourire, et semble montrer deux poids deux mesures sur la polygamie si elle concerne l'homme ou la femme.
La référence à la zoophilie est elle bien plus classique. On la retrouve fréquemment dans les discours des opposants, et a le don de rendre furieux les homosexuels, qui trouvent naturellement insultant d'être comparés à des zoophiles. A la base, cette comparaison est assez facile, puisqu'il s'agit de mettre en relation deux formes d'attirances sexuelles qui ne peuvent engendrer de naissances, et donc perçues comme non naturelles. Mais la zoophilie est bien sûr un épouvantail, un comportement unanimement considéré comme repoussant, sans même parler des questions de consentement.
L'argument de la pente glissante est utilisé quotidiennement sur tous les sujets, généraliser un raisonnement étant vu comme un moyen de l'invalider la plupart du temps. La plupart du temps, la réponse est plutôt simple : il suffit de ne pas généraliser ce raisonnement, et de s'en tenir à la position défendue sans vouloir l'étendre. Dès lors, pourquoi le gouvernement a-t-il commencé à parler de "mariage pour tous", provoquant lui même cette généralisation du raisonnement ? Le terme "mariage homosexuel" suffisait déjà et était extrêmement clair, le gouvernement n'assume-t-il plus la référence à l'homosexualité ? On dit que François Hollande est mal à l'aise sur la question, ce que sa brève volonté de laisser un droit de réserve aux maires semble montrer. Mais après tout, le mariage pour tous est pour qui si ce n'est pour les homosexuels ?
C'est assez troublant de voir que la gauche, au moment d'accomplir une ancienne revendication, semble se cacher derrière des artifices lexicaux et n'assume plus les évolutions qu'elle prône. C'est pourtant une réforme bien plus facile à faire que celles économiques que l'on retarde éternellement. On pourrait donc s'attendre à une défense bien plus vaillante du mariage homosexuel que ce que l'on voit actuellement. Mais la gêne est aussi étrange que perceptible. Il est vrai qu'à l'époque du PACS, les députés socialistes avaient déjà du se faire tirer l'oreille pour apparaître en séance pour voter la mesure...
Par xerbias,
lundi 22 octobre 2012 à 19:48 ::General
Honnêtement, comment être surpris ? Tout le monde a toujours pensé que Lance Armstrong était dopé. Difficile dès lors d'être déçu. A vrai dire, qui est-ce que ça intéresse encore ? Une bonne partie des téléspectateurs qui regardent le Tour de France à la télévision le fait pour voir de beaux paysages, et à ce titre, sont pleinement satisfaits. Sur le bas côté de la course, à moins de se trouver dans une rude montée, les spectateurs ne voient défiler les cyclistes en peloton à très haute vitesse. En quelques secondes, tout le monde est passé sans qu'on ait pu reconnaître qui est qui. On vient y assister car c'est un phénomène rare, donc curieux, et puis la caravane publicitaire a le mérite de faire l'animation et de distribuer toute sorte de colifichets. Au fond, peu importe qui est sur les vélos.
Dans le cas de Lance Armstrong, les présomptions de dopage ont été immédiates, au regard de ses performances écrasantes. Lui montrait le nombre de contrôles anti-dopage négatifs, et quand on lui demandait pourquoi il était toujours autant suspecté, il répondait que cela devait être car ça agaçait les Français de voir un Américain gagner chez eux. Il valait mieux donc que ce soit l'autorité anti-dopage américaine qui l'accuse officiellement. Dans le cyclisme, les scandales de dopage s'enchaînent, en 2006, il n'avait fallu que quelques jours pour que la victoire de Floyd Landis soit remise en question. Il a d'abord fermement démenti de tout son être s'être dopé, avant finalement de le reconnaître et de faire tomber tous ceux qui étaient dans le même lot que lui. Cela comprenait son ancien coéquipier, Lance Armstrong. Si Lance Armstrong a été champion, ce fut champion de gruge aux contrôles anti-dopage. Un véritable génie en la matière. Il n'a bien sûr pas pu faire tout seul. Cela montre comment tout le milieu est corrompu, et trempe allègrement dedans.
Visiblement, le dopage ne dérange pas grand monde. Les Français Richard Virenque et Christophe Moreau, dont le dopage apparu lors de l'affaire Festina, continuent à trôner sur les plateaux télé en qualité de consultant. Une bonne partie des anciens cyclistes s'énervent d'ailleurs lorsqu'on leur parle de dopage. C'était le cas de Laurent Fignon, dont on saura sur le tard qu'il avait pris des produits, et qui mourra à 50 ans. Du reste, la pratique semble tellement généralisée qu'on ne sait pas à qui réatribuer les maillots jaunes perdus par Lance Armstrong, tellement on retrouve des impliqués dans des affaires de dopage dans les places suivantes, chaque année.
La banque Rabobank a décidé de ne plus soutenir d'équipe cycliste, convaincue que le problème n'aurai pas de solution en vue. Elle n'a pas tort. Pour commencer, ce serait pas mal que tous ceux qui trempent ne serait-ce qu'un tout petit peu dans ces histoires soient mis à l'index définitivement. Cela vaut pour les coureurs actifs, les anciennes gloires, les responsables, tout le monde. Ensuite, on ne perdrait pas grand chose à choisir des équipes beaucoup moins expérimentées pour courir le Tour. Certes, cela irait moins vite, mais ce serait toujours des hommes sur des vélos, et le public n'en demande pas plus depuis une centaine d'années. Et puis, pourquoi pas, limiter la difficulté de certaines étapes de montagne ? A les voir monter le Mont Ventoux, parfois, c'est le télespectateur qui a besoin d'un remontant !
Par xerbias,
mercredi 17 octobre 2012 à 14:59 ::General
La France est célèbre pour son concours Lépine fiscal permanent, mais ces temps-ci, on bat des records en matière d'inventivité en la matière. On a ainsi vu passer la possibilité d'assujettir à la redevance audiovisuelle les résidences secondaires, en considérant probablement que les propriétaires étaient capables de regarder la télévision à deux endroits différents en même temps. Le pire, c'est qu'il ne s'agissait même pas de désendetter l'Etat, mais simplement de donner de nouvelles ressources à France Télévisions. Qui peut croire qu'on peut sortir de la crise économique actuelle en augmentant le budget du divertissement public ?
Le budget de l'Etat 2013 n'est dédié qu'à une seule chose : les impôts. La France était déjà un des pays de l'OCDE au plus fort taux de prélèvements obligatoires, mais ses services publics n'avaient pour autant les mêmes performances que les pays comparables. Le choix a été fait d'augmenter encore davantage la pression fiscale, sans se soucier de l'utilisation de l'argent public. C'est bien évidemment le contraire de ce qu'il aurait fallu faire. Plutôt que d'accabler la classe moyenne de nouveaux impôts oblitérant son pouvoir d'achat et son épargne, il fallait réduire la dépense publique en améliorant l'organisation du secteur public. Par exemple, le député socialiste René Dosière a pointé du doigt l'incongruité des communautés de communes lorsqu'existent encore les municipalités. Il a raison. Ces communautés de communes se justifient lorsqu'il s'agit de rassembler de petites communes ne pouvant assumer des équipements publics seuls, mais dans ce cas, il faut remettre en cause l'existence de l'échelon communal, quitte à opérer des fusions de municipalités. Pour les communes plus grandes, l'intérêt est beaucoup moins flagrant, et dans bien des cas, il ne s'agit que de créer un nouvel échelon, pouvant lever son propre impôt, sans que diminuent les autres impôts locaux.
De même, la remise en cause des conseils généraux semble avoir enterrée par la nouvelle majorité, alors que personne n'est capable d'expliquer pourquoi il y a à la fois un échelon politique régional et un échelon politique départemental. Mais les communautés de communes, les conseils généraux et les conseils régionaux sont autant d'endroits où l'on peut caser du personnel politique dans des postes d'élus, et pendant qu'on y est, se mettre à la tête d'une administration dédiée souvent noyautée par des apparatchiks du parti. A ce propos, on apprend que les élections régionales et cantonales ont été fort opportunément repoussées d'un an. Pendant ce temps là, les gâchis continuent.
La France ne peut plus se payer toute cette bureaucratie, mais la frénésie des taxes perdurent malgré tout. Ursaff, Cancras et Carbalas ont encore de beaux jours devant eux. La dépense publique et la compétitivité des entreprises françaises restent deux dossiers cruciaux que le gouvernement refuse obstinément d'ouvrir, alors que ce devraient être deux priorités. Combien de temps cela pourra encore durer ? Ronald Reagan avait bien résumé cette philosophie économique : "Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue de bouger, régulez-le. Et si ça s'arrête de bouger, subventionnez-le." On comprend mieux comment on en est arrivé là...
Par xerbias,
samedi 8 septembre 2012 à 23:44 ::General
Le gouvernement proclame vouloir arriver à 3 % de déficit public en passant par des augmentations massives d'impôts, mais s'intéresse peu au vrai chantier, celui des dépenses publiques. Et pour cause, puisqu'il ne fait rien pour les réduire, allant même à augmenter ces dépenses, notamment sur des postes non pertinent. Cette rentrée, l'Allocation de Rentrée Scolaire (ARS) a ainsi été augmentée de 25 %, variant de 357,98 € à 390,82 € par enfant selon son âge. C'était une promesse de campagne du candidat Hollande, mais c'est une mesure coûteuse qui ne se justifie pas. Bien sûr, l'augmentation des coûts liés à la rentrée scolaire est très loin de 25 %, et se rapproche même de l'inflation moyenne de 2 %. Mais en voyant de tels montants pour cette allocation, on se dit qu'avant même l'augmentation, son niveau était bien au-delà du véritable coût d'une rentrée scolaire pour une famille !
L'association Famille de France publie chaque année une étude sur le coût de la rentrée scolaire pour les familles. C'est même un marronnier facile pour les médias à la Rentrée. Cette étude se concentre sur le cas d'un enfant rentrant en sixième, ce qui suppose des dépenses plus élevées que dans les autres niveaux, notamment à cause d'investissements supplémentaires dans des articles tels que la flûte, les tubes de peinture ou la calculatrice, qui serviront sur plusieurs années, de même qu'une bonne partie des fournitures. Pour des achats effectués en hypermarché, il s'avère que le coût moyen de la rentrée de cet élève de sixième est de 171,31 € !
Cette allocation n'a donc plus grand chose à voir avec les coûts de la scolarité des enfants, il s'agit seulement de jouer au Père Noël avec l'argent que l'on n'a pas. On aurait donc pu se passer d'une telle augmentation, alors que les montants précédents étaient déjà très généreux.
Par xerbias,
mercredi 22 août 2012 à 21:32 ::General
François Hollande est à l'Elysée, Jean-Marc Ayrault est à Matignon, on en a pour cinq ans de gauche au pouvoir. Pour l'instant, elle ne fait pas grand chose, il est même surprenant que les 100 premiers jours, période la plus favorable au pouvoir pendant un quinquennat, ait été marqué d'une si grande inactivité. Le Parti Socialiste avait un programme, mais il étant en grande partie inapplicable il est vrai. Il y a pourtant quelques points qui mériteraient de l'être, car la droite ne risque pas de s'en charger et ils peuvent être nécessaires :
La suppression du cumul des mandats. Jusqu'à présent, seule la gauche s'est engagée sur cette mesure fondamentale pour notre bon fonctionnement démocratique. Le cumul est une spécificité française, et pour deux mandats cumulés, on est sûr qu'un d'entre eux sera mal assuré. Généralement, c'est le mandat de parlementaire qui pâtit alors que le local est privilégié, être député ou sénateur n'est plus pour beaucoup qu'un titre honorifique. Néanmoins, cela n'a pas l'air d'être une urgence pour le nouveau pouvoir, et les élus socialistes semblent vouloir s'y opposer malgré tous les engagements pris.
Le mariage homosexuel. Ce n'est pas le mariage homosexuel qui nuira au mariage ou à la famille, celle-ci souffre bien davantage des divorces ou des séparations de couples qui ont des enfants. S'il doit y avoir des mariages homosexuels, que ce soient des mariages qui durent au moins. Une grande partie de la droite est loin d'être hostile au principe, mais comme une partie de son électorat est contre, elle ne s'engage pas sur ce point, assez accessoire par rapport aux autres il est vrai.
La tarification des actes médicaux. Les dépassements d'honoraires sont de plus en plus scandaleux, et méritent une action énergique à ce sujet. Le gouvernement semble en avoir pris conscience, et a déclaré vouloir agir à ce sujet. De son côté, la droite n'a pas voulu le faire, gardant le souvenir de la réforme de la Sécurité Sociale en 1995 : les médecins font partie de l'électorat de droite, et ils avaient mal pris cette tentative de réforme. Si la droite ne peut faire face à ce lobby, autant que la gauche s'en occupe quand elle en a l'occasion.
Ce doit être à peu près tout : pour le reste, il y a des réformes voulues par la gauche qui ne sont pas nécessaires, et il y a des réformes nécessaires qui ne sont pas voulues par la gauche...
Il existe un ministère de la culture, aux diverses missions. Selon son site Internet, "il conduit la politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel dans toutes ses composantes", et "il favorise la création des œuvres de l'art et de l'esprit et le développement des pratiques et des enseignements artistiques". La première phrase résume bien quel devrait être son objet. En revanche, la création des oeuvres d'art ne devrait pas relever de l'autorité publique. Ce n'est pas à l'Etat de décider de la création artistique, son rôle est seulement de préserver le patrimoine artistique passé. Pour le reste, cela repose sur la relation entre les créateurs et leur public. Généralement, ça se passe pas mal. Voyons cela en détail, pour savoir où nous en sommes, artistiquement parlant.
Aujourd'hui, le théâtre est bien loin d'avoir l'influence qu'il avait autrefois. Bien entendu, de nouvelles pièces apparaissent encore constamment, et de nombreux acteurs y travaillent ardemment. Mais avec l'arrivée du cinéma et de la télévision, le format est moins pertinent pour raconter une histoire. En filmant une scène, on peut conserver sa meilleure version pour l'éternité, et les possibilités de mises en scène sont démultipliées. Si n'importe quelle pièce de théâtre peut être bien retranscrite en film, l'inverse n'est pas vrai, bien sûr. Et dès lors, malgré toutes les nouvelles pièces, presque aucune ne marque l'imaginaire collectif, et au cours des soixante dernières années, aucune n'est restée vraiment célèbre. On a le choix entre le théâtre de boulevard, populaire mais très éphémère, les pièces classiques pré-cinéma, et les créations prétentieuses et incompréhensibles, qui n'existent que grâce aux subventions. Une requête fréquente des milieux artistiques est qu'on en fasse plus pour le théâtre, en en diffusant davantage à la télévision ou en le rendant accessible au plus grand nombre. Mais à partir d'un moment, si le plus grand nombre n'y va pas spontanément, c'est qu'il a mieux à faire.
Le duo élitisme et subventions, l'opéra le connait bien, mais à un degré encore plus poussé encore. Là encore, on s'interroge sur ce qu'il faut faire pour pousser les gens à assister à des opéras, sans se demander s'il faut vraiment que les gens y assistent. Il n'y a plus vraiment de nouveaux opéras, ce sont globalement toujours les mêmes qui sont rejoués. Alors, les metteurs en scène essaient de prouver leur créativité en supprimant les décors, où en faisant des anachronisme dans les costumes. Cela manque d'intérêt.
En fin de compte, la chanson a quitté l'opéra, et elle a bien fait. Grâce aux disques, la musique en général est devenue très populaire, et la création musicale s'est engouffrée dans les foyers par ce biais. Pour le coup, on ne manque pas d'illustres créateurs depuis la seconde guerre mondiale, qu'ils s'appellent Elvis Presley, les Beatles, Michael Jackson ou Madonna à l'étranger, ou bien Johnny Halliday en France. Si la chanson française demeure bien vivante à l'heure actuelle, beaucoup plus que chez les chansons locales chez certains de nos voisins européens, on peut néanmoins regretter que de nombreux jeunes artistes français talentueux choisissent spontanément de chanter en anglais. Il serait intéressant de varier davantage les langues des chansons que l'on entend à la radio. En dehors de la chanson, même la musique classique arrive à rester créative, grâce aux apports des compositeurs de musiques de films (tel John Williams) ou de jeux vidéos (comme Nobuo Uematsu).
Le secteur de la musique reste populaire, mais est confronté à une crise de son business model, à cause du piratage sur Internet. Le cinéma, lui, arrive toujours à remplir les salles sur ses nouveaux films. Les records de recettes en salle sont régulièrement battus pour les blockbusters américains. Le cinéma français s'en sort également pas trop mal, il a des réalisateurs et des acteurs de qualité, mais ses performances se limitent au domaine de la comédie. Le fait que la France fasse d'excellentes comédies est une bonne chose bien sûr, mais ce serait encore mieux si on pouvait faire d'autres films avec autant de succès. Pourquoi ne pas faire des films à grand spectacles, divertissants et attrayants pour le plus grand nombre ? Des films comme Pirates des Caraïbes ou Le Masque de Zorro peuvent être des modèles pour le cinéma européen. La France dispose d'ailleurs d'un grand réservoir culturel pour de tels films. Après tout, Alexandre Dumas ou Jules Verne font partie des auteurs qui ont favorisé une fiction spectaculaire et captivante. Il y a de nombreux romans, faits historiques ou mêmes bandes dessinées qui peuvent être adaptées au cinéma. Par exemple, pourquoi n'y a-t-il pas encore eu d'adaptation d'une BD à succès comme Lanfeust de Troy ? Si c'est une question de budget, les coproductions au niveau européen peuvent être la solution.
En matière de fiction télévisée, la France est touchée par les mêmes problèmes qu'en cinéma, mais en plus prononcée. Seules les comédies surnagent (et encore, essentiellement les programmes courts), mais cela reste le marasme pour les séries et les téléfilms, de manière bien plus prononcée qu'à l'étranger. Il y a de graves problèmes de réalisation, de scénarios, et mêmes parfois d'acteurs. De ce fait, notre fiction télé s'exporte médiocrement.
La littérature francophone n'a pas ce genre de soucis. On peut même être marqué par son abondance. Contrairement à d'autres arts, les importations restent très mesurés en fin de compte. Il n'y a pas vraiment de grands nouveaux ouvrages de poésie, les poètes étant désormais auteurs de textes de chansons. En revanche, en matière de romans, il y a de quoi faire. Si l'on trouve encore trop d'écrivains à la vision du monde sordide comme Michel Houellebecq, d'autres se distinguent par leur inventivité, comme Amélie Nothomb. Ces grands auteurs se vendent encore très bien.
Le secteur de la bande dessinée a également de grandes performances, même si la frénésie frôle parfois la surproduction. La BD franco-belge a beaucoup de qualités, mais s'exporte encore assez peu par rapport aux comics et aux mangas. C'est dommage. Plutôt que de multiplier le nombre de séries différentes, la course au productivisme devrait plutôt s'efforcer d'accélérer le rythme des sorties pour les séries les plus fortes. Attendre un an pour la sortie d'un album de 44 pages, c'est déjà trop long pour si peu.
En ce qui concerne la peinture et la sculpture, nous sommes face à un naufrage mondial. Ces arts plastiques ont été gravement atteints par la vague de l'abstraction, ce qui fait qu'ils ne représentent plus rien. On a atteint le fond avec les monochromes ou les colonnes Buren, ces escroqueries honteuses. Certains essaient de promouvoir le retour d'un art figuratifs de qualité, en passant d'abord par la réhabilitation d'artistes oubliés, comme William Bouguereau. Il est à espérer qu'à l'avenir, nos musées d'art contemporains ne seront plus remplis par des objets simplement laids.
Par xerbias,
dimanche 29 juillet 2012 à 19:10 ::General
Le Président de la République et le Premier ministre se sont récemment exprimés sur l'opportunité d'organiser les Jeux Olympiques d'été à Paris en 2024. L'idée n'est pas récente, puisqu'évoquée depuis l'échec de notre précédente candidature, celle de Paris 2012. Il faudra d'abord voir qui organise les Jeux de 2020, et cela se décidera l'année prochaine. Pour que Paris conserve ses chances en 2024, il faudrait que ce soit Tokyo qui soit choisie en 2020. La candidature de Madrid pour 2020 est particulièrement incongrue, l'Espagne ayant organisé les Jeux d'été pas plus tard qu'en 1992, et en plus, elle est exsangue financièrement. Si l'horizon est libre, il faudra alors se pencher sur notre dossier de candidature, et déterminer quelle doit être la priorité des Jeux Olympiques :
Est-ce le fait que les athlètes se voient tout servi sur un plateau, et qu'en conséquence, tous les lieux de compétition soient strictement regroupés pour qu'ils n'aient pas de temps de transport pour s'y rendre ? Pour le dossier de 2012, ce fut le choix retenu, et avoir le meilleur dossier ne nous a pas aidé à l'emporter.
Est-ce qu'il faut maximiser le nombre de places de spectateurs ? Cela ne sert pas forcément, si les prix sont trop élevés. Même aux Jeux de Londres, on voit actuellement de nombreuses places libres dans les gradins.
Est-ce qu'il faut que l'opération soit financièrement la plus durable possible ? Cela suppose d'éviter le gigantisme et les surenchères. Cela fait peut-être un peu moins rêver, mais la population apprécie largement de ne pas avoir à supporter des dettes supplémentaires pour ce genre d'événements.
Ce dernier choix est le bon. Dès lors, cela a des conséquences sur les emplacements des compétitions. Certes, construire des emplacements temporaires coûte moins cher que de fabriquer des installations permanentes. Le dossier de Paris 2012 était rempli de ces pavillons et autres dômes montés spécialement pour l'occasion. Mais mettre les compétitions dans des lieux déjà existants est encore moins coûteux.
Ainsi, le Stade France serait évidemment notre stade olympique, puisqu'il fut dès l'origine conçu pour accueillir de grande compétitions d'athlétisme. Le Tennis irait à Rolland Garros, l'équitation à l'hippodrome de Longchamp, et Paris 2024 pourrait reprendre plusieurs idées déjà présentes dans Paris 2012 : le hockey au (nouveau) stade Jean Bouin, le tir à l'arc à l'hippodrome d'Auteuil, le Beach Volley à la Tour Eiffel, le Pentathlon à la Croix Catelan, et certains sports nautiques à la base de Vaires-sur-Marne. Le Vélodrome de Saint Quentin en Yvelines et la grande piscine d'Aubervilliers étaient des projets de Paris 2012 risquant de se transformer en équipements inutiles après coup, mais ils sont de toute façon en cours réalisation, Jeux ou pas. On pourra alors s'en servir. La voile pourra se dérouler à La Rochelle, comme prévu autrefois, par contre, les stades de football changeront au gré des rénovations faits pour l'Euro 2016. Le Parc des Princes et le Stade Vélodrome auront été rénovés, à Lyon, ce ne serait plus au stade Gerland mais au nouveau grand stade de l'OL, dans le nord, on irait dans le nouveau stade de Lille plutôt qu'à Lens, et le nouveau stade de Bordeaux pourrait également être mis à contribution plutôt qu'à Nantes.
Pour les autres sports, il ne saurait être question de faire autant appel à des pavillons temporaires que lors de notre précédente candidature. Les Anglais logent actuellement sept sports dans l'Excel Center, un centre modulable de 100 000 m². Nous avons à notre disposition le Parc des expositions de la porte de Versailles, déjà habitué à accueillir de grands événements, sur une surface de plus de 220 000 m². Pour Paris 2012, il n'était sollicité que pour des entraînements, mais il peut tout à fait recevoir les compétitions en elle-même. Seraient concernés la lutte, le judo, le taekwondo, le tennis de table, la gymnastique, le badminton et l'haltérophilie. La boxe irait au bien nommé Palais des sports adjacent. L'escrime serait très bien au Grand Palais, et si le volley ball doit aller à Bercy, l'Arena 92 de Nanterre pourrait accueillir le basketball. Le handball devrait alors bénéficier d'une salle prévue à Colombes par la fédération française.
Faire appel à l'existant réduirait considérablement la facture, et cette profitabilité serait attractive pour le Comité Olympique. Le point le plus problématique ne serait pas les lieux de compétition, mais bien l'emplacement du village olympique, le terme "village" étant bien relatif lorsqu'on parle de logements pour plus de 10 000 personnes. Les Batignolles, lieu annoncé pour les candidatures de 2008 et 2012, ne sont plus libres comme prévus. Mais puisqu'on parle d'infrastructure sportive, profitons-en pour rappeler que le projet de grand stade de Rugby de 80 000 personnes à Evry porté par la FFR est une profonde stupidité, une absurdité économique parfaitement inutile sportivement qui ruinera le Stade de France, la FFR, et très certainement les contribuables également.