mercredi 31 août 2011
Qu'est-ce que le AAA ?
Par xerbias, mercredi 31 août 2011 à 23:59 :: Economie
Dans le cas des Etats-Unis, la situation est quand même moins grave. Jusqu'à présent, les bons du trésor américains étaient très recherchés pour la confiance qu'ils inspiraient. Pour comprendre les tenants et les aboutissants, il faut revenir à la façon dont on détermine un taux d'intérêt (ou de rendement) que l'on exige pour un placement. D'une façon très simplifiée, il s'agit du taux de l'argent placé sans risque plus une rémunération supplémentaire dépendante du risque du placement. Il peut s'agir d'un risque de variation du rendement, ou bien de perdre l'argent placé. Dans le cas de la dette (qui demande les capitaux de prêteurs), le risque est que l'argent ne soit pas remboursé comme prévu, c'est-à-dire une situation de défaut.
Chacun détermine en fonction de ses propres critères quel est cette rémunération supplémentaire demandée liée au risque pour ses placements. Il regardera alors le marché, et placera son argent sur les placements qui correspondent à son opinion. L'un des rôles des analystes financiers est bien de faire ces évaluations pour aider les prises de décisions des institutions financières. Dans le cas des agences de notation, il s'agit alors en quelque sorte de sous-traiter l'analyse du risque de défaut d'emprunts. Normalement, les investisseurs ne sont pas obligés de suivre aveuglément les notes données par ces agences, mais elles gardent une influence certaine.
Dans le cas de pays, le AAA, la meilleure note possible, indique une certitude de remboursement. Les Etats-Unis était considéré comme un pays très sûr car malgré sa dette importante, son économie était dynamique et le taux de prélèvements obligatoires relativement bas. Logiquement, le pays pouvait donc encore considérablement augmenter les impôts au besoin pour se servir sur l'économie pour rembourser d'éventuelles nouvelles dettes. Seulement, la division idéologique au centre du débat politique américaine est désormais béante, et une telle perspective n'est plus si certaine. En effet, les impôts sont là-bas considérés comme un totalitarisme insupportable, presque vol contraire au droit à la liberté et à la propriété. Les républicains, à la suite de Ronald Reagan, sont très nombreux à s'appuyer sur un tel sentiment. L'association Americans for Tax Reform demande aux politiciens de s'engager à ne jamais augmenter les impôts, quelques soient les circonstances. Et c'est pris très au sérieux. En 1988, le candidat à la présidentielle George H. W. Bush s'était formellement engagé à ne pas augmenter les impôts en cas de victoire. A l'élection suivante, de nombreux électeurs le repoussèrent pour ne pas avoir tenu sa promesse.
Dans le Congrès actuel, avec la dernière victoire des républicains, pas moins de 235 représentants (sur 435) et 41 sénateurs (sur 100) ont signé le pacte de Americans for Tax Reform. Du coup, Barack Obama ne put obtenir une solution équilibrée entre baisses de dépenses et hausses de revenus pour permettre une hausse du plafond de la dette dernièrement. Et à cette occasion, on s'est rendu compte qu'il était bien moins probable que les institutions politiques américaines acceptent d'augmenter les impôts s'il fallait rembourser la dette plus rapidement. La croyance sur laquelle reposait le AAA américain fut donc ébréchée, et la conséquence fut la dégradation. Evidemment, pour éviter ce genre de soucis, mieux vaut émettre le moins de dettes possibles, et équilibrer ses comptes publics.
Après six mois de révolution dont cinq d'intervention de l'OTAN autorisée par l'ONU, les rebelles libyens ont marqué une étape décisive en entrant récemment à Tripoli. Si des zones restent encore loyales à l'ancien régime, on ne peut que remarquer que cette étape change significativement la situation : aujourd'hui, Mouammar Kadhafi ne peut plus gagner cette guerre civile. Lorsqu'il déclare arriver à se promener incognito dans Tripoli, il l'avoue en quelque sorte lui-même : il ne peut se mouvoir qu'incognito. Il n'a pas plus le contrôle de la capitale que du reste du pays. Il n'a plus la main mise sur la technostructure qui permet de gouverner un pays. Il est désormais un homme recherché dont la tête est mise à prix, fuyant son palais. Les insurgés libyens ont donc atteint leur premier but : renverser le dictateur. C'est une victoire pour eux.
Pour remporter les primaires socialistes, Martine Aubry compte sur sa "lettre aux Français". On y trouve rien de très original. Une description de sa France qui ressemble au paradis sur terre. Une critique de Nicolas Sarkozy. Une ébauche de programme, à base d'embauches massives de fonctionnaires, financées par une croissance miraculeusement retrouvée. Mais elle y glisse une référence qui n'est pas anodine. Dans ses valeurs, elle évoque "la fidélité au combat de mon père, Jacques Delors". Jusqu'à présent, au cours de sa carrière nationale, elle n'avait pas eu recours à la référence paternelle. Elle est certainement consciente que, contrairement à la plupart de ses concurrents à la prochaine présidentielle, elle n'est pas une "self made woman". Elle disposait du capital économique, culturel et surtout social dès son plus jeune âge. Et l'un de ses premiers emplois fut celui de conseillère au gouvernement auquel appartenait son père. On peut alors comprendre qu'elle souhaite rester discrète par humilité sur cet avantage dont elle a bénéficié par rapport aux autres. Mais cela a visiblement changé.
Le documentaire américain Waiting for Superman traite des questions d'éducation aux Etats-Unis. Son réalisateur, Davis Guggenheim, est proche des démocrates. Il fut le réalisateur du film Une Vérité qui dérange sur le réchauffement climatique autour d'Al Gore. Il réalisa des films courts pour la campagne de Barack Obama en 2008. Il réalisa également un documentaire qui suivait des élèves et leur professeur en première année d'école primaire publique. Dans Waiting for Superman, il constate les énormes différences qui peuvent exister entre écoles publiques et écoles privées, que ce soit en primaire ou au secondaire. Les différences de résultat peuvent être énormes, et la crainte d'une école publique devenue une usine à échecs pousse de nombreux parents à choisir les écoles privées... s'ils ont le choix.
Dans la célèbre sitcom des années 80 ALF, le héros éponyme est un extraterrestre burlesque squattant chez une famille de la classe moyenne américaine. Dans un épisode, Alf ne cesse de cesse de poser des questions naïves à Kate, la mère, sur la politique. Celle-ci lui répond que les choses sont plus compliquées qu'il ne le pense, mais la nuit venue, elle a le sommeil agité. Elle finit par rêver qu'Alf est subitement devenu Président des Etats-Unis, et qu'elle lui rend visite dans le bureau ovale. Kate considère qu'il s'agit d'un travail sérieux, et